Gouda, Rijswijk, Lelystad, Middelburg, Roermond, Breda, Bussum, Stadskanaal, Amsterdam. Vois les Pays-Bas en cet été tardif, défilés de derrière la fenêtre d’un train, d’une auto. Des milliers et des milliers de vanneaux attendent le tir de départ pour s’envoler vers le Sud ?
Voitures emplies de Polonais, de vacanciers sur le tard -ou seraient-ils de nouveau les premiers- Camions, tels des panneaux publicitaires roulants, tout est à acheter chez point et com, comme je pensais autrefois, que Max Laadvermogen (Max Charge-utile), était quelqu’un qui possédait les camions.
Les villes Néerlandaises sont, avec celles de la Suisse, les plus ordonnées.
Le paysage ressemble à un green-bloc alligné. Théâtres, où nous jouons sont impeccables et incomparables à n’importe où. Il n’existe aucun endroit au monde où les théâtres sont aussi bien équipés qu’aux Pays-Bas. Nulle part ailleurs, non plus, où l’on vous attend à l’issue d’un spectacle avec autant de bitterballen* particulièrement brûlantes.
Vois le tout, comme si c’était la première fois, à nouveau tous les quatre ans. Fixe, dans les couloirs, les vitrines garnies de photos aux visages familiers.
La plupart des artistes accrochés là à une punaise, ne sont plus. Je les ai connus : Hermans, Sonneveld, Kan, Shaffy, Ko van Dijk,, Paul Steenbergen, Conny Stuart, Ank van der Moer, ,stars de revue , le ballet, des artistes, farceurs, prédicateurs,comédiens. Ceux qui vivent toujours sont fortement en infériorité. La plupart des personnes dans notre groupe, n’étaient pas encore nés lorsque Erik et moi jouions pour la première fois à Breda.
Miraculeux.
Dans deus semaines paraît la biographie d’un voyage : « Naar Carré » (Vers Carré). Un livre que j’ai écrit à propos de gens et événements qui ont fait en sorte que nous arrivions à Carré. Personne, autant que je sache, qui travaillait là, dans ce Théâtre Royal lorsque nous y avons débuté, n’y est ou travaille encore.
A Lelystad, je reçu d’une femme, une lettre avec une photo,sur laquelle on me reconnaît en garçon de dix ans. Une photo que je n’avais jamais vue auparavant. Un petit bonhomme avec une couronne sur ses boucles chante sur une petite scène, vêtu d’une veste de velours sur une chemise blanche avec des manches en dentelles. Ses yeux fermés. Personne ne sait ce qu’il voit à l’intérieur.
Qu’est ce qui a changé ? Tout comme je me tenais là, je chante toujours avec cœur et âme. Nous sommes maintenant deux, le garçon et moi.
[N.B : *Bitterballen= spécialité Hollandaise, une sorte de croquette de poulet servie comme amuse-gueule]