vendredi 18 juin 2010

Le rêve d'Herman

La pièce de theatre “Juliette” avec laquelle nous sommes occupé depuis lundi dernier, raconte l’histoire de Margot Fonteyn; danseuse étoile mondialement reconnue pour son talent et sa longue carrière. Mais cette histoire est avant tout l’histoire d’une femme, avec ses qualités et ses défauts, ses souvenirs et ses frustrations, ses colères, et aussi parfois son coté hautain ou injuste... et ce n’est en aucun cas la femme parfaite que l’on pourrait, ou que l’on voudrait imaginer. 




Mais que savons nous vraiment de l’intimité de Margot? Que savons nous vraiment de l’intimité des gens que l’on admire et qui appartiennent à l’histoire? de leurs rêves? Que se passe-t’il dans leur salon ou dans leur chambre une fois les portes fermées pour le public?

A t’on le droit d’affirmer que le spectacle sur la vie de Margot Fonteyn que nous vous préparons soit la vérité? 




En ce moment au cinema, il y a de plus en plus de film que l’on appelle des“biopic” (film biographique). Nous avons la possibilité de voir sur nos écrans ce que l’on nous promet être “une fidèle reproduction de la vie de telle ou telle personne importante de notre histoire”. Personnellement ces films me laissent toujours un goût de "facticité" dérangeante.  

Herman Van Veen lui, à décidé de faire confiance à ses rêves. Se sont ses rêves qui le guident dans son travail d'écrivain et de metteur en scène. Particulièrement ceux qu’il fait le matin dit-il, entre le sommeil et le réveil, quand l’aurore pointe le bout de son nez.




La pièce “Juliette” est naturellement fidèle sur des points concrets de l’histoire de Margot, ceux que nous connaissons et que nous pouvons lire dans les livres qui racontent sa vie.  Mais le reste est un poème, une fable non authentique qui ne promet pas la vérité.

Cela est beaucoup plus honnête que la plupart des films ou pièces de théâtre biographiques dont je parle plus haut et qui nous trompent en fixant pour toujours dans nos esprits, une vérité forcément fausse.

 



On reconnait l’Art et les vrais artistes grâce à leur manière de sublimer la vie, à leur façon de laisser se confondre leurs propres émotions avec l’oeuvre qu’ils créent. C’est “Sa” Margot qu’Herman nous proposera de découvrir. Dans Juliette on s'éloigne sûrement de la vraie vie de Margot Fonteyn, et pourtant on accède à quelque chose de plus vrai, de plus grand et de plus profond... Les émotions !  Et les émotions sont universelles, elles appartiennent à tout le monde.

Herman dans son sommeil a rêvé Margot Fonteyn, Il vous invite maintenant à partager son rêve.




Angel Liegent

lundi 26 avril 2010

The Miracle

2010 in South Africa – from a global FOOTBALL to a local SOWETO experience!

When you are in Johannesburg or Pretoria for the football in 2010, you may have a free day which you would like to spend getting to know our country and her people in Soweto.


Phaphama Initiatives has created a special and safe day-long event in the heart of Soweto.


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mercredi 20 mai 2009

L’agneau

Le soleil se lève

Le brouillard est suspendu
au-dessus des «  polders ».
Les oiseaux commencent à gazouiller
Un pivert martèle  un arbre.
Sous le saule pleureur, maman mouflon met un petit au monde.
Dans un glissement essoufflé, sans bruit.
Maman le lèche.
Quelques daims curieux s’approchent.
Papa mouflon reste à distance.
Sœur mouflon est désintéressée.

Le brouillard s’est dissipé.
Le soleil brille.
Le nouveau-né ?
Se lève, chancelle sur ses hautes pattes,
marche précautionneusement sur ses petits sabots,
dans l’herbe humide.
Qui est là ? Semble-t-il penser.
Il s’avance vers son père,
renifle son derrière.
Irrité, le mouflon mâle,
fait volte face
et le heurte avec ses puissantes cornes.
La petite bête fait un vol plané
et s’écrase, étourdi, sur le sol
deux mètres plus loin,
il ne se relèvera plus, pensais-je.
Un peu plus tard, l’agneau vacillant
se redresse et titube vers la sœur de sa mère,
renifle son entrejambe, à la recherche d’un mamelon.
Elle n’apprécie guère ses manières et rosse le petit dans le flan.
Un cri.
Le nouveau-né s’effondre,
et lorsqu’il est couché, tante mouflon
enfonce ses cornes pointues dans le petit corps fragile.
Je veux sauter par-dessus la clôture
et foutre des coups de pieds à ces animaux.
L’agneau se lève à nouveau
et comme un homme soûl,
titube maintenant vers sa mère.
Qui sent son enfant
et continue à brouter indifféremment.
De nouveau il s’avance vers son père.
‘Ne fais pas ça !’, criais-je en pensant
cette fois, il va l’achever !
Mais non,
il se redresse et en même temps
reçoit un coup de cornes de sa tante,dans le ventre.

Après environ une heure
et une lèvre abîmée
L’agneau a compris sa leçon.
Que le seul mouflon qui ne le bouscule pas
est sa mère.
Qu’elle a du lait pour lui
Et un ombre chaleureuse.
Cinq jours plus tard.
Le soleil brille.
Un jeune mouflon
Cabriole joyeusement dans la prairie.
N’essaye même plus de chercher
du lait chez son père.
Ne s’avance plus sans raison
vers un animal qu’il ne connaît pas.
Ne se préoccupe pas de cet homme
qui observe tous ces jours.

Modèle réduit
vendredi 30 janvier 2009

Modèle réduit

Je lisais dernièrement un entre filet sur « Mariage sans hobby ».
Cela me fit penser à un voisin que nous avions eu.
Pendant plusieurs années, il avait bricolé la maquette
d’un vieux moulin Hollandais.
Lorsque celle-ci fut terminée,
avec les ailes et tout et tout,
ça faisait un demi mètre de haut.
Fenêtres, portes, un mini meunier,
tous les fragments originaux,
jusqu’au plus petit détail.
Une « œuvre de voisin ».

 

A chaque moment de liberté il s’engouffrait dans sa remise
pour fignoler son modèle réduit.
Si on ne le voyait pas, on savait où il était.
Cette miniature était son laissez-passez.
Le fait de devoir travailler,
faisait en sorte qu’il pouvait légitimement éviter sa femme.
Leur mariage était mortel.
Durant nos seize années de voisinage,
je n’ai vu de sa femme, qu’un secouement de tête.
Mais ils avaient, comme beaucoup de gens,
promis devant Dieu de rester ensemble pour le meilleur et pour le pire.

 

Ainsi, temps à autre, je débarquais chez lui
pour admirer ses progrès.
La plupart du temps j’apportais un demi litre de jeune genièvre
que nous descendions d’un trait, sur place.
Le jour de notre déménagement vers un village à proximité,
le voisin et sa femme se pointèrent à l’improviste
avec un paquet cadeau d’un demi mètre de haut.
Je ne savais pas quoi dire,
le voisin grimaçant un large sourire mélancolique
et la voisine secouant la tête.

 

Arrivé dans notre nouvelle maison, le téléphone sonna.
Le voisin avait eu une crise cardiaque
le lendemain de notre départ.

 

A son enterrement nous avons versé une larme
et sa femme...

mercredi 31 décembre 2008

A l’endroit

Traduit librement
de l’allemand
un poème du poète Juif
Jehuda Amichal
à qui je devais penser ce matin
en lisant le journal
et voyant la photo
d’une petite fille 
écrasée contre la clôture
à la frontière de l’Egypte
que l’on nomme la Bande de Gaza.

A l’endroit
là où nous avons raison,
au printemps
des fleurs 
jamais ne pousseront.

L’endroit
où nous avons raison,
est piétiné et dur
comme l’acier.

Doute et amour
dérident le monde
comme la taupe 
le labour.

Un chuchotement devient 
perceptible à l’oreille
là où la maison 
avait été
et fut ravagée.
La momie
lundi 25 août 2008

La momie

La Gaude, une petite ville perchée sur un mont rocheux

à même distance entre la mer Méditerranée et les Alpes du Sud.

Les Alpes Maritimes.

Au pied de la vieille ville se trouve le centre culturel annexe du musée écologique.

Voilà pourquoi on y jouait, dans la grande salle qui fait aussi  office de cinéma, La Momie III.

Un film qui raconte l’histoire d’un Empereur chinois à la poursuite de l’immortalité,

et qui dans chacune de ses tentatives est entravé par une sorcière, un général, trois yétis

et quelques acteurs américains.

Ça se termine bien.

La sorcière et le général meurent, l’Empereur se décompose,

de même que son armée de terracotta remise sur pied pour l’occasion.

Les acteurs américains l’emportent.

Le mal n’a que ce qu’il mérite.

 

Dix-sept personnes dans la salle.

Autochtones, alllochtones, touristes et cinq enfants.

Tu dois vraiment haïr les enfants pour les emmener voir La Momie III.

Même moi qui ai déjà vu quelques films d’horreur,

je devais détourner la tête de temps à autre.

 

C’est une déformation professionnelle.

A chaque fois je compte le nombre de personnes

assises dans la salle, quelle qu’elle soit ;

Me réalise ce que tout cela coûte et ce qu’il restera au final.

C’est une réaction de chanteur entrepreneur indépendant.

 

Je me souviens d’un fameux baryton Allemand,

qui durant l’interprétation de « Die Winterreise » fixait une fois,

de rangée en rangée, chaque personne dans l’audience.

C’était, comme il confia à un admirateur,

pour compter le nombre de places vendues,

de manière qu’il ne se fasse pas avoir au moment de la paye.

 

Le mystérieux directeur du centre culturel, annexe écomusée,

semble être l’unique membre du personnel.

Il est assis derrière la caisse, lorsque tout le monde est installé dans la salle,

il ferme la porte extérieur à clé, contrôle les extincteurs,

fait une tournée à travers la salle avec la corbeille de chocolat glacé, cornetto et autres friandises,

éteind les lumières, démarre le film, stop le film, nous remercie à la sortie.

Je remarque même,en montant dans la voiture, qu’il s’empare de l’aspirateur.

 

Je ne doute pas non plus qu’il jouait

la momie dans le film.